| Musique Monde / déc. 2007-jan. 2008 |
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| Par Nathalie Fredette | |
| 15-06-2008 | |
USTAD MAHWASHGhazals afghans. Poèmes d’amour séculiers et sacrés Accords Croisés / Fusion 3, AC 118 En 1989, le règne de terreur instauré par les talibans a raison de la détermination de l’une des plus grandes chanteuses d’Afghanistan, Ustad Mahwash, qui quitte son pays pour le Pakistan, puis les États-Unis. C’est depuis ce lieu qu’elle rayonne désormais partout dans le monde, livrant des concerts afin de maintenir en vie cette musique qu’elle chantait déjà sur les ondes radio de Kaboul dans les années 60. Entourée de musiciens d’origine afghane et des musiciens franco-indiens Henri Tournier (flûtes bansuri) et Édouard Prabhou (tablas), elle propose ici des poèmes de ferveur divine et de passion humaine, des ghazals relatifs à l’amour sous toutes ses formes : amour de Dieu, de la famille et des enfants, du pays, etc. Cette voix un peu frêle et voilée qui s’élève, cette musique raffinée et envoûtée fortement marquée par le style indo-pakistanais font de ce disque une œuvre de pur ravissement empreinte pourtant des tourments contemporains. En témoigne cette berceuse qui se veut rassurante malgré la description d’une réalité bien dure : « Dors, enfant afghan, dors / Dors, enfant sans remèdes, ni soins / (…) toi qui marche pieds nus, / à travers champs et déserts / Et même si tes rêves sont des cauchemars / Mon petit que rien ne couvre (…) / Dors, car tout ceci prendra fin ». SABAJidka / The Line World Music Network / Fusion 3, TUGCD1047 En direct de Turin, Italie, ce disque fait signe vers Mogadiscio, Somalie, et en dialecte somalien s’il vous plaît. Produit par Fabio Barovero, fondateur des groupes Mau Mau et Banda Ionica, Jidka est le premier disque de l’actrice Saba Angala, née en Somalie de père italien et de mère éthiopienne. Pour peu qu’on accepte de se prêter au jeu, l’ensemble est des plus séduisants. Quelque part entre Madonna, Kate Bush et Tina Charles, Saba entonne des airs pop légers moins attendus qu’il n’y paraît en raison de son grain de voix particulier, sans compter la sonorité de cette langue africaine, le propos de certaines chansons et l’apport des instruments traditionnels (kora et djembé notamment) qui s’entremêlent aux instruments modernes. Même une pièce musicalement douteuse comme Melissa trouve grâce à nos yeux (à nos oreilles serait plus juste) avec l’utilisation inédite du steel drum. Chasse-spleen idéal à insérer dans votre lecteur si vous aimez faire des partys - je ne suis généralement pas du nombre, mais Jidka me donne envie d’en être, c’est vous dire ! Certaines pièces créent franchement la dépendance. TIKEN JAH FAKOLYL’Africain Universal / Dep, 5301306 À quelques reprises déjà nous avons parlé de ce reggaeman ivoirien dont chaque passage à Montréal crée tout un émoi. Lors de la prochaine visite de ce chanteur à l’impressionnant charisme, nul doute que tous scanderont encore en chœur les paroles percutantes des chansons de ce nouvel opus intitulé L’Africain. Principalement en français, mais aussi en bambara et en anglais, le chanteur y dénonce aussi directement qu’à l’habitude les faux discours des politiciens, la guerre, l’excision, les mariages forcés, les politiques d’émigration. Sur ce dernier sujet, trois pièces se succèdent et se répondent : Ouvrez les frontières, Où aller où ? et Africain à ParisEnglishman in New York de Sting) coécrites avec Magyd Cherfi de Zebda. Musicalement, L’Africain entremêle toujours avec efficacité rythmes jamaïcains et sonorités plus spécifiquement africaines (avec l’apport notamment du kembélé n’goni, du balafon, du djembé et surtout de la kora merveilleuse de Toumani Diabaté qui colore tout différemment la dernière pièce). ARTISTES DIVERSGypsy Caravan. When the Roads Bends… World Village / Fusion 3, 468070 Ils viennent du Rajasthan en Inde, de Roumanie, de Macédoine, de l’Andalousie en Espagne et ils sont tous animés d’une même ferveur. Vedettes du film Gypsy Caravan, ils comptent parmi les meilleurs représentants de la musique tsigane. Le film documentaire qui leur est consacré et la bande originale présentée ici mettent à l’avant-plan le groupe Maharaja qui rappelle les origines indiennes du peuple rom et de leur musique, Taraf de Haïdouks, cette bande de joyeux lurons de 20 à 70 ans dont les violons, accordéons et cymbalums ont conquis les amateurs à travers le monde, la Fanfare Ciocarlia à la célérité époustouflante, l’émouvante chanteuse Esma Redzepova dont l’exubérance est sans égale (les 47 garçons qu’elle a adoptés et formés musicalement donne une idée de l’ampleur du personnage), enfin l’intense et fougueuse compagnie de flamenco d’Antonio el Pipa. Résultat ? un tour d’horizon pertinent et réjouissant de plus de 70 minutes fait en excellente compagnie. FAMILIA VALERA MIRANDA,ANTOINE GARCIA & SABRINA ROMERO Cantos de ida y vuelta Long Distance / Fusion 3, 0610206 « Ida y vuelta » : l’expression signifie « aller-retour », elle désigne ces chants et danses hispano-américains qui auraient traversé l’Atlantique dans les deux sens pour revenir s’implanter en Espagne. Ces pérégrinations musicales donnent lieu ici à de fructueux échanges entre la famille Valera Miranda, de Santiago de Cuba, Antoine « Tato » Garcia, chanteur et guitariste gitan de Perpignan, et la chanteuse d’origine andalouse Sabrina Romero. Une délicieuse et chaleureuse rencontre entre le son cubain et la rumba catalane. Ultra-sympathique. |
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| Dernière mise à jour : ( 26-06-2008 ) |
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