| En Jazzant / déc. 2007-jan. 2008 |
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| Par Gilles Archambault | |
| 15-06-2008 | |
NIELS-HENNING ORSTED PEDERSEN The Unforgettable Nhop Trio Live Act, 9464 2 La disparition en avril 2005 du contrebassiste danois Niels-Henning Orsted Pedersen en a surpris plusieurs. Tellement l’image de ce musicien était celle de la jeunesse. Connu dès l’âge de dix-sept ans – il était né en 1946 – il avait joué avec les plus grands et fait partie du trio d’Oscar Peterson. Le trio représenté ici comprend le guitariste Ulf Wakenius, le répertoire choisi va de Bach aux standards de la chanson américaine en passant par les folklores danois et suédois. Rien de vraiment surprenant, mais une maîtrise poussée de l’instrument, une justesse dans l’interprétation, en somme une merveilleuse façon de prononcer un adieu. JIMMIE LUNCEFORDUne Anthologie 1934-1942 Nocturne, CABU 522 Tenu en son temps pour l’un des big bands importants du jazz, celui de Lunceford n’a pas connu la gloire continue de ceux de Count Basie et de Duke Ellington, par exemple. Sans prétendre que cet orchestre était à l’égal de celui de ces derniers, on ne peut que regretter qu’il soit à ce point méconnu des amateurs. Ce qui frappe surtout à l’écoute de ses morceaux enregistrés dans un contexte purement commercial – ne pas l’oublier, le jazz étant alors une musique à danser – ce qui frappe, c’est la qualité des arrangements. Il y a bien quelques solistes – Sy Oliver, Trummy Young, Willie Smith – mais nous retient surtout l’agencement des cuivres. La devise de l’orchestre, Rythm is Our Business, le titre de l’une des compositions qui collaborèrent le plus à la popularité de notre homme, dit tout. C’est du rythme qu’il s’agit ici. Qu’en est-il pour l’auditeur d’aujourd’hui ? Je ne sais pas. S’il a de l’histoire du jazz une curiosité le moindrement éveillée, il aimera. Sinon, passera-t-il à travers cette écoute ? Ce serait regrettable, tant il y a à retirer de cette anthologie. Dans la mesure, évidemment, où l’on réussit à ne pas s’attarder sur des pièces dans lesquelles sévissent un chanteur ou une chanteuse. D’importance plutôt historique, donc. DIANA KRALLThe Very Best of Diana Krall Verve, 0251 741735 Déjà à l’heure des compilations, notre Canadienne ? Il semble bien. Tout a été dit de la qualité de son phrasé, de son intelligence du texte des chansons qu’elle interprète. Pas assez probablement de ses talents de pianiste. Cette anthologie, qui se double d’un DVD, serait idéale si elle ne nous présentait pas trop de pièces qui illustrent la diva qu’elle est devenue. Rien de médiocre, c’est l’évidence. Mais pourquoi faire l’impasse sur ses disques des débuts ? Alors sous contrat avec le label montréalais Justin Time, elle n’était pas encore à l’heure des compromis tout honorables sont-ils. Des moments de bonheur, il y en a, dans ce double. Je retiendrais quant à moi Let’s Fall in Love, Let’s Face the Music and Dance et Little Girl Blue. Deux de ces pièces sont avec accompagnement d’orchestre, comme quoi Diana Krall a beaucoup de talent ! Qu’est-ce que ces pièces auraient donné avec un simple trio ? À nous de rêver. En résumé, un double destiné aux amateurs que les tactiques commerciales évidentes ne rebutent pas. Aux autres, la vigilance. Il y a du meilleur, rarement du pire, chez Diana Krall. MARTY EHRLICH & MYRA MELFORDSpark ! Palmetto, PM 2129 Si le talent de Diana Krall vous séduit sans analyse, il est peu probable que celui de la pianiste Myra Melford vous emballe d’emblée. Elle pratique un art sans concessions. Pour entrer dans son univers, il faut sans conteste posséder un don pour l’introspection. On ne trouve chez elle aucune de ces facilités, de ces clins d’œil commodes qui permettent à des musiciens moins doués de tenir le haut de l’affiche. Quant à Marty Ehrlich, ici à la clarinette et au saxophone alto, il patauge dans les mêmes eaux. Musicien fort doué, pas doué pour l’originalité, il est avant tout un musicien curieux. L’écoute attentive de ce CD ne peut manquer d’être instructive. Elle convaincra la plupart des auditeurs que ce qu’on appelle – à défaut d’autres mots – l’avant-garde peut être une expérience qui n’a rien de rebutant. FRANÇOIS BOURASSARasstones Effendi, 075 Très beau disque que celui-ci ! Des arrangements subtils, des solistes remarquables, des compositions qui retiennent l’attention. Chez Effendi, étiquette montréalaise, toujours ce souci de s’écarter du déjà-entendu, de la routine. Point de départ absolu, mais rarement a-t-on atteint chez eux un tel sommet dans la réussite. André Leroux n’est surtout pas un atout négligeable dans cette réussite. À acquérir sans hésitation. HERBIE HANCOCKRiver Verve, B0000979102 Je serais le dernier à vous recommander bon nombre des disques de Herbie Hancock. Ce pianiste étonnamment doué a multiplié les ratages. À trop vouloir devenir une vedette de la pop music, il a démérité des amateurs. Ce CD, hommage à Joni Mitchell, doit toutefois être tenu pour une exception. Non qu’il soit parfait, il contient des pièces qui entretiennent de lointains rapports avec le jazz, mais il fait aussi appel à certains éléments de qualité, Wayne Shorter et Dave Holland par exemple, et il y a aussi que Joni Mitchell, chanteuse populaire de qualité, a servi d’inspiratrice. Pas à mon avis un disque majeur – ainsi qu’on l’a écrit – mais, un CD de qualité. |
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| Dernière mise à jour : ( 26-06-2008 ) |
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