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Mike Goudreau & the Boppin’ Blues Band Boppin’ 15 Auto-produit, PMGCD08 Mike Goudreau vit de blues, de jazz, de musique et le Boppin’ Blues Band est, à ma connaissance, le groupe de « swinging blues avec cuivres » ayant la plus grande longévité, au Québec. Ce n’est pas rien quand on connaît les budgets parfois minces dans ce genre d’aventure et la difficulté de faire rouler un orchestre de plus d’une demi-douzaine de musiciens, durant une période aussi significative que 15 ans. Cela prend sûrement une passion éclairée ! Cette longévité relève du tour de force et d’une finesse que savent développer les leaders attentionnés au cours des années. Le plaisir de la musique, d’en partager l’envers et le devant du décor avec les boys, celui de la création et de la recherche musicale avec les meilleurs musiciens disponibles est, à mon avis, ce qui a toujours caractérisé le Boppin’ Blues Band. Je crois que c’est cet élément qui a rassemblé plus d’une quarantaine de musiciens de talent au cours de ces années avec le feu de se dépasser dans l’excellence et l’originalité. Ce disque compilation augmenté de quelques nouveautés m’apparaît comme une référence de plaisir et d’utilité pour les mélomanes de tous âges et les musiciens en herbe. Bonne écoute ! Bon anniversaire à tous les gens concernés!
Phillip Walker Going Back Home Delta Groove Productions, DGPCD115 Né en Louisiane en février 1937, apparenté à « Gatemouth » Brown et grand admirateur de T-Bone Walker, Phillip Walker, dès son enfance baigne dans les influences cajuns et les rythmes créoles. Un peu plus tard, à l’âge de dix ans, on le retrouve à Port Arthur au Texas. Bien avant d’avoir l’âge de s’acheter une bière dans les bars, il se taille une place sur l’effervescente scène locale, puis à quinze ans, on le retrouve en studio avec Roscoe Gordon, pianiste de Memphis. Ce guitariste au talent précoce ne met pas de temps à se retrouver sur la route avec sa propre formation et, en 1959, il enregistre son premier disque, Hello My Darling. Nous avons ici affaire à un représentant important du West Coast Sound, sorte de mélange des styles de la Louisiane et du Texas avec une touche de sophistication ajoutée. Going Back Home, son récent album, se veut un retour aux sources des influences marquantes du bluesman, notamment les Percy Mayfield, Ray Charles, Lightnin’ Hopkins ou encore Lowell Fulson, pour n’en nommer que quelques-uns. À cette solide fondation, s’intègrent harmonieusement quelques nouveautés, dont trois pièces de Randy Chortkoff, le producteur de l’album. Phillip Walker nous offre, avec ce DC, du blues qui puise aux racines, tout en y greffant le raffinement des sonorités Texas-Californie. Son jeu de guitare fluide, expressif, impeccable et sa voix authentique et colorée plaisent et convainquent, à coup sûr!
James Blood Ulmer Bad Blood in the City Hyena Records, HYN 9355 J’ai « oublié » ce disque durant plusieurs jours dans le lecteur DC de mon automobile et… il ne m’a jamais ennuyé, ni dérangé. Ce doit être bon signe ! J’y percevais bien quelques classiques du blues s’entremêlant avec du blues que je qualifierais de prog n’ freeWebThere Is Power in the Blues, une des compositions de l’album : « Let’s put the color back in the blues, way down here in New Orleans. Let’s start over just one more time, use the concept of the blues to feel our way around… ». Celles-ci démontrent bien la vision transcendante et utilitaire du blues de la part de l’artiste qui induit la prépondérance du feeling sur les formes ou patterns prédéterminés, souvent accolés à cette musique. C’est bien connu, « Blues is feeling » ou expression des émotions ; cela nous ramène à l’essence du blues, soit, sentir et exprimer son chemin vers la sortie, vers la résolution du ou des problèmes. Cette vision de l’artiste n’exclut pas les autres possibilités, dont celle de se mouler volontairement et de façon ludique, aux patterns ou formes prédéterminés de cette musique ou encore d’inventer, d’improviser à partir de filons du feeling. Dans cet élément de liberté, métissé, enrichi d’éléments de gospel de son enfance, de funk et d’improvisation, James Blood Ulmer nous fait partager sa vision complexe des événements entourant l’ouragan Katrina comme des instantanés qui illustrent et brossent à grands traits le phénomène, en peu de mots. Il entremêle ces tableaux sonores, dépeignant ce désastre naturel et ses conséquences, et des classiques du blues de circonstance, qu’il reprend à sa manière. Parmi ceux-ci, on retrouve des pièces de John Lee Hooker, Junior Kimbrough, Son House, Bessie Smith, Howlin’ Wolf et Willie Dixon. L’instrumentation riche, incluant claviers, violon, mandoline, harmonica, en plus des guitares, basse et batterie, sert bien le côté inventif et personnel de cet artiste atypique et libre, puisant aux sources du traditionnel.
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